Lorsque le Canada veut informer le monde des progrès qu’il a réalisés dans la poursuite de la foresterie durable, il se tourne souvent vers la gestion de l’écosystème par émulation des perturbations naturelles (GEEPN). Ce projet de recherche qui se déroule dans la forêt boréale mixte de l’Alberta, à quelque 90 kilomètres au nord-ouest de la rivière de la Paix, est l’une des réalisations présentées au haut-commissariat du Canada à Londres et dans les ambassades un peu partout dans le monde. En plus d’illustrer l’engagement du Canada envers l’aménagement forestier durable, le projet souligne l’importance de l’aspect scientifique de cet engagement.
La GEEPN (gestion de l’écosystème par émulation des perturbations naturelles) est une idée qui a germé en 1997 dans l’esprit d’un groupe d’experts forestiers issus de l’industrie, du gouvernement et du milieu universitaire. Ils partageaient le désir d’approfondir la complexe influence réciproque qui s’exerce entre la récolte, la sylviculture et les perturbations naturelles dans la forêt boréale. Ils voulaient également examiner les effets économiques et sociaux des différentes approches de l’aménagement forestier.
« À l’époque, de nombreux exploitants de la forêt boréale canadienne abandonnaient la coupe à blanc, choisissant plutôt des méthodes de récolte inspirées du modèle des “perturbations naturelles” », explique M. Jan Volney, chercheur au Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada. « Ces méthodes exigent de laisser sur place les arbres non récoltés ou “résiduels” — tout comme le feraient les perturbations naturelles, comme les incendies, — ce qui permet de protéger la biodiversité, la forêt pouvant ainsi se régénérer et perpétuer l’apparence du paysage », ajoute-t-il.
Avant la GEEPN, les méthodes de récolte fondées sur les perturbations naturelles avaient été étudiées, mais certaines questions importantes demeuraient sans réponse. Combien d’arbres résiduels au juste faut-il pour protéger les fonctions de l’écosystème? Et comment les forêts peuvent-elles être gérées économiquement de façon à demeurer globalement concurrentielles, sans sacrifier leur intégrité environnementale?
Les chercheurs savaient que pour répondre à ces questions, la GEEPN devait avoir de l’envergure et être durable. M. John Spence, chercheur associé et directeur de la School of Forest Science and Management de l’Université de l’Alberta le souligne : « La véritable action en écologie des forêts consiste en l’interaction entre les processus et les composantes, que l’on étudie habituellement de manière spécifique. GEEPN offre cette spectaculaire infrastructure expérimentale qui permet d’étudier ces interactions et de promouvoir l’application de l’apport de ces études à l’aménagement. »
Aujourd’hui, avec une superficie de 1 000 hectares, la GEEPN est l’expérience la plus considérable de ce type dans le monde. La zone comprend des parcelles de forêt distinctes, chacune s’étendant sur 10 hectares, soit la taille d’une véritable opération forestière. Les principaux types de forêt mixte boréale y sont représentés. Parce que les forêts mettent des décennies à se développer, la GEEPN durera l’intervalle d’une rotation forestière, soit jusqu’à 120 ans.
Ce qu’il y a de merveilleux dans cet immense projet à long terme, c’est que les chercheurs peuvent mettre à l’essai de nombreux traitements différents — depuis le brûlage de peuplements choisis selon les modèles de différents types de feux de friches en passant par la récolte à diverses intensités, laissant derrière diverses quantités de résidus, jusqu’à tester les différentes approches de sylviculture. Puis, ils peuvent répéter les expériences pour vérifier la validité des résultats.
Compte tenu de son ampleur, la GEEPN est un projet idéal à la fois pour des études approfondies à long terme qui peuvent faire l’objet d’un suivi au cours d’une seule rotation forestière et pour des études plus intensives à court terme. Cette latitude a attiré un éventail de scientifiques intrigués par les possibilités d’un projet de cette envergure coordonné sur un même territoire. Le projet englobe de nombreux domaines de recherche, à savoir :
« Les avantages de la GEEPN dans le domaine des sciences appliquées dépasseront les niveaux local et régional », déclare M. Volney. « Le savoir acquis dans le cadre du projet aidera les aménagistes forestiers et les décideurs de toute la région de la forêt boréale mixte canadienne appelés à soupeser les options qui font partie des décisions relatives à la gestion des ressources. »
M. Jim Witiw de DMI (Daishowa-Marubeni International) — une entreprise de produits forestiers qui contribue à GEEPN depuis le début, reconnaît aussi l’envergure du projet. « La série de projets de recherche de GEEPN menés depuis maintenant 12 ans témoigne de la crédibilité et de la reconnaissance des efforts investis dans le but de comprendre l’efficacité de l’approche de préservation de la biodiversité dite à rétention variable. »
La GEEPN permettra également d’élaborer des outils scientifiques qui aideront les aménagistes forestiers à évaluer les pratiques d’exploitation forestière et de régénération grâce à de nombreux facteurs y compris l’émulation des perturbations naturelles, la validité environnementale, la viabilité économique, la durabilité et le degré d’acceptation par la société.
C’est cette démarche équilibrée et scientifique de l’aménagement forestier qui vaut à la GEEPN sa renommée internationale actuelle.
la GEEPN compte 18 partenaires :
À ce jour, le projet la GEEPN a produit :
Les résultats de la GEENP ont montré à quel point les entreprises avaient changé leurs pratiques en :
Dans l’ensemble, la GEEPN a bénéficié de ce qui suit :