L’industrie des forêts au Canada évolue constamment, tant en ce qui concerne ses pratiques commerciales que du point de vue de son expansion en matière d’efficacité et d’innovation. Le ralentissement économique actuel à l’échelle mondiale est l’élément le plus récent à avoir provoqué des changements au sein du secteur. L’État des forêts au Canada 2009 fait ressortir la façon dont le secteur des forêts est en voie de se transformer et de relever les défis grâce à l’introduction de nouvelles idées et de nouveaux produits, tout en veillant à la santé et à la productivité des forêts.
J’ai voyagé partout au pays afin de m’entretenir avec des dirigeants et des travailleurs de l’industrie des forêts. Un message qui est ressorti clairement de ces entretiens est que pour rester concurrentiel, le secteur forestier doit appuyer l’innovation.
Le Programme des technologies transformatrices, lequel s’inscrit dans le Plan d’action économique du Canada, est une des façons choisies par le gouvernement du Canada pour inciter le secteur forestier à élaborer une nouvelle génération de produits, de processus et d’applications. Notre gouvernement finance des programmes visant à élaborer la prochaine génération de solutions de construction en bois, d’énergie renouvelable et de carburants tirés de la biomasse forestière et de produits de pâtes et papiers.
Notre gouvernement collabore actuellement avec FPInnovations, le plus important partenariat public-privé au monde pour la recherche sur les produits forestiers, afin de diriger le programme d’innovation. Nous examinons ensemble l’avenir à long terme du secteur des forêts, ce qui signifie que nous devons, grâce à la recherche, concrétiser les idées et mettre au point de nouvelles technologies qui nous aideront à transformer l’industrie des produits forestiers au Canada.
Le Plan d’action économique du Canada fournit un appui permettant de créer des démonstrations pilotes de nouvelles technologies prometteuses et de produits forestiers dignes d’intérêt pour les consommateurs. Ces mesures aideront le secteur forestier à concrétiser de nouvelles occasions d’affaires dans le secteur forestier et à attirer de nouveaux investissements, ce qui aura pour effet de réduire l’incidence des pressions boursières et de la concurrence mondiale sur le secteur des forêts.
Même si le secteur des forêts au Canada se tourne vers l’innovation, il peut miser sur un autre avantage : un approvisionnement régulier en bois provenant des vastes forêts bien gérées du pays. L’an dernier, en lançant la Stratégie nationale sur les forêts, intitulée « Une vision pour les forêts du Canada : 2008 et au-delà », le Canada a renouvelé son engagement à l’égard de la gestion durable des forêts; le gouvernement a pris cet engagement pour la première fois en 1992, à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement.
En tant que chefs de file de la gestion durable des forêts, les Canadiens sont conscients que les pratiques de gestion forestière doivent continuellement s’adapter à de nouvelles circonstances. Pour cette raison, les intervenants du secteur au pays utilisent des outils scientifiques pour établir et évaluer les plans, les lois et les politiques en matière de gestion des forêts. De longues consultations publiques permettent également au gouvernement du Canada de veiller à ce que les forêts du pays soient gérées de façon durable et que l’ensemble des valeurs canadiennes — sur les plans environnemental, économique et social — soient prises en considération.
Le changement climatique et la bioénergie sont deux exemples de défis et d’occasions qui feront appel aux capacités d’adaptation et d’innovation du secteur des forêts au Canada. En s’attaquant à ces défis, le Canada continuera de faire preuve de leadership dans le domaine de la gestion durable et efficace des forêts, et ce, au bénéfice de la population du pays.
J’ai la certitude que vous trouverez L’État des forêts au Canada 2009 intéressant et informatif. Je vous invite à visiter le site Web complémentaire du rapport à l’adresse suivante : foretscanada.rncan.gc.ca.
L’honorable Lisa Raitt, C.P., députée
Ministre des Ressources naturelles
Les forêts et le secteur forestier du Canada ont fait l’objet de pressions sans précédent à de nombreux égards en 2008, en raison de changements économiques structuraux et cycliques ainsi que de défis environnementaux. Ces pressions ont eu des répercussions importantes sur le secteur et plus particulièrement sur les collectivités tributaires de la forêt dans l’ensemble du pays.
La récession mondiale a eu une forte incidence sur l’industrie forestière nationale, et tous les produits de la forêt ont été touchés. Le marché du bois d’œuvre canadien a subi une chute importante, surtout en raison de l’effondrement du marché de l’habitation aux États-Unis. L’érosion de la demande pour le papier journal et d’autres produits forestiers a forcé le secteur à apporter des changements importants concernant l’approvisionnement et, notamment, à fermer des usines de manière permanente ou temporaire dans l’ensemble du Canada. La concurrence croissante des producteurs de produits forestiers à faible prix en Asie et ailleurs a contribué à miner davantage les marchés traditionnels des produits forestiers canadiens.
Des défis environnementaux existants et émergents se sont ajoutés à ces pressions. Plus particulièrement, l’incertitude concernant les effets potentiels à long terme du changement climatique sur les forêts du Canada complique la gestion des ressources, notamment la prise de décisions relativement aux espèces à planter et aux calendriers de récolte à adopter.
Le Canada connaît déjà une augmentation de la fréquence et de l’étendue des perturbations naturelles, notamment des feux de forêt et des infestations de ravageurs. Bien que l’année 2008 ait été relativement calme en ce qui concerne les feux de forêt en raison de conditions météorologiques plus humides que la normale, la présence d’infestations par les ravageurs est demeurée une préoccupation. Le dendroctone du pin ponderosa s’est étendu à de nouveaux secteurs de l’Alberta; l’agrile du frêne, à d’autres régions de l’Ontario; et la tordeuse des bourgeons de l’épinette a étendu son aire d’infestation au Québec et au Nouveau-Brunswick. Le taux d’infestation du dendroctone du pin ponderosa diminue en Colombie-Britannique, surtout du fait qu’il y a moins de nouveaux arbres à infester, mais aussi parce que certaines régions ont connu un hiver rigoureux. Il est prévu que les infestations de ravageurs continueront de poser un problème à court et à long terme.
L’année a aussi été marquée par un changement dans les attentes du public concernant la façon dont les forêts du Canada devraient être aménagées. Le débat s’est poursuivi relativement à la manière dont les terres forestières du Canada devraient être aménagées et à quelles fins, et cela a donné lieu, de la part du public, à de nouvelles demandes de désignation d’autres terres à titre de parcs et de zones protégées. Cette demande continue d’affectation de terres forestières à d’autres usages a mis de la pression sur l’industrie forestière pour qu’elle tire une plus grande valeur économique de zones réduites.
Ressources naturelles Canada et le Service canadien des forêts ont pris de nombreuses mesures en 2008 par rapport à cette question et à d’autres problèmes qui touchent le secteur forestier. L’une des principales priorités du gouvernement du Canada était d’aider les collectivités et les travailleurs forestiers à s’adapter à la fermeture d’usines et aux compressions. À cette fin, le gouvernement a créé, en 2008, la Fiducie pour le développement des collectivités, initiative d’un milliard de dollars visant, notamment, à aider les provinces et les territoires à financer les programmes de transition et de recyclage des travailleurs. Nombre de ces programmes régionaux sont maintenant bien amorcés.
Ressources naturelles Canada a aussi contribué à la création de la Fiducie pour le développement des collectivités, initiative d’un milliard de dollars visant à atténuer les effets à court terme de la restructuration sur les collectivités. La fiducie appuie les activités qui favorisent la diversification et le développement économiques.
On a annoncé plus récemment la mise sur pied du Programme d’écologisation des pâtes et papiers. Celui-ci prévoit un budget d’un milliard de dollars pour aider les entreprises de pâtes et papiers du Canada à couvrir leurs dépenses en immobilisations, qui serviront à accroître leur rendement environnemental, y compris l’efficience énergétique. Les nouveaux fonds aideront à assurer la durabilité future du secteur des pâtes et papier au Canada, tant sur le plan commercial que sur le plan environnemental.
Il est essentiel, à long terme, que le Canada diversifie ses produits forestiers et ses marchés géographiques, car c’est la clé qui lui permettra de rétablir sa position concurrentielle dans le monde. C’est pourquoi le Canada a continué, en 2008, de promouvoir des programmes qui permettent d’encourager et d’appuyer de nouvelles méthodes d’affaires, de nouveaux marchés, de nouveaux produits et technologies ainsi que de nouvelles approches en matière de R-D. (Voir L’innovation forestière en constante évolution.)
La récession économique que connaissent les États-Unis, notre principal partenaire commercial — et, par conséquent, notre volume d’exportation — rend encore plus nécessaire notre recherche de nouveaux débouchés. L’une des mesures qui a été prise a été le développement du marché de la construction non résidentielle aux États-Unis — en fait, la pénétration de nos marchés cibles. Le Canada a aussi travaillé à l’expansion de ses marchés au- delà des États-Unis, comme dans le cas de l’initiative en cours au Sichuan (Chine), où des techniques de construction et des produits de bois canadiens sont utilisés pour reconstruire des écoles, des orphelinats et d’autres immeubles publics (initialement construits en béton) détruits par le séisme de 2008.
Par ailleurs, de nombreux nouveaux produits mis au point au Canada se révèlent tout à fait prometteurs. Mentionnons, par exemple, de nouveaux matériaux composites, des pâtes et papiers destinés à des usages précis, la cellulose nanocristalline ainsi que les produits chimiques et les carburants tirés de la biomasse. Ces produits de pointe, à forte valeur ajoutée, aident grandement à diversifier le secteur forestier canadien et, de ce fait, à rétablir sa position concurrentielle.
Toutefois, la création de nouveaux produits et débouchés commerciaux ne constitue qu’un élément de l’ensemble. Le fondement du succès à long terme du secteur forestier canadien repose sur l’engagement ferme du Canada à l’égard de l’aménagement forestier durable (AFD). Même en cette période de crise économique, le Canada continue d’adapter et d’améliorer ses politiques et ses pratiques pour garantir que toutes les valeurs environnementales, économiques et sociales sont respectées et non seulement les valeurs liées au bois. (Voir L’aménagement forestier durable au Canada : respecter l’engagement canadien.)
Le modèle d’AFD repose sur des processus de gestion et de planification rigoureux qui sont maintenant en place à tous les paliers (national, provincial, territorial, régional) dans l’ensemble du Canada. Les consultations publiques élargies, les réseaux de surveillance et d’évaluation exhaustive, les outils de rapports détaillés et les mécanismes d’adaptation des pratiques en fonction des nouvelles données scientifiques font partie intégrante du modèle.
En tant que pratique normalisée dans l’ensemble du pays, l’AFD permet au Canada d’aborder les problèmes immédiats comme les perturbations causées par les ravageurs et les feux de forêt ainsi que les défis à plus long terme découlant du changement climatique. En 2008, par exemple, la collaboration fédérale-provinciale-territoriale s’est poursuivie dans le cadre de la Stratégie canadienne en matière de feux de forêt et de la Stratégie nationale de lutte contre les ravageurs forestiers afin de trouver de meilleurs moyens de prévenir et de gérer les feux de forêt ainsi que de rassembler les organismes de tous les paliers pour évaluer les risques et les possibilités d’intervention tant sur les ravageurs indigènes qu’étrangers.
Notre performance en matière d’AFD est bien appuyée par la certification par des tierces parties. Aujourd’hui, le Canada possède la plus grande superficie de forêts certifiées au monde, soit environ 146 millions d’hectares en 2008. Ce chiffre met non seulement en lumière le succès des entreprises forestières canadiennes dans l’application des pratiques d’AFD, mais il permet aussi à nos partenaires commerciaux d’obtenir une vérification indépendante de l’engagement pris par ces entreprises en matière de commerce durable.
Il n’y a pas de doute que le secteur forestier canadien continuera de faire face à des défis économiques, sociaux et environnementaux au cours de l’année à venir. Toutefois, le Canada établit la voie de l’avenir grâce à ses initiatives d’innovation des produits et de développement des marchés ainsi qu’à son modèle d’AFD reposant sur des données scientifiques, lequel facilite l’adaptation aux conditions d’aménagement en évolution.
C’est à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), événement historique qui a eu lieu à Rio de Janeiro en 1992, que le Canada a pour la première fois annoncé son engagement à l’égard de l’aménagement forestier durable (AFD). Cette approche d’aménagement forestier vise à préserver l’intégralité des valeurs liées aux forêts canadiennes, c’est-à-dire les valeurs environnementales, économiques et sociales.
Depuis, le Canada a déployé de nombreux efforts pour élaborer et faire progresser ses pratiques d’aménagement forestier. Déterminés à tenir son engagement, le Canada a mis en place des stratégies, des lois, des politiques, des outils scientifiques ainsi que des systèmes de planification et d’évaluation dans le but de poursuivre le même objectif d’assurer le maintien d’une ressource forestière saine et durable pour les générations à venir.
En cours de route, le Canada est devenu une figure de proue mondiale dans la pratique et la promotion de l’AFD. Le présent article donne un aperçu des progrès réalisés jusqu’à présent, de la situation actuelle en matière d’aménagement forestier au Canada et de ce que l’avenir réserve.
La Stratégie nationale sur la forêt du Canada de 1992, première stratégie à faire directement référence à l’AFD, est un moment charnière dans le processus de mise en place des fondements de l’AFD au pays. En 1995, le Conseil canadien des ministres des forêts, qui représente tous les organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de l’aménagement forestier au Canada, a accordé son appui aux principes de l’AFD, indiquant ainsi le soutien de ses membres à l’égard de l’adoption généralisée de ce type d’aménagement forestier.
Dans toutes ses stratégies nationales depuis 1992 (la dernière en liste étant Une vision pour les forêts du Canada : 2008 et au-delà), le Canada a réaffirmé sa promesse faite durant la CNUED de gérer ses forêts de manière à préserver et à accroître leur valeur sur les plans environnemental, social et économique.
Ce tournant en faveur de l’AFD, dans l’esprit duquel un large éventail de valeurs est tenu en considération — ce qui se trouve éloigné de l’approche antérieure (qui était axée sur le rendement soutenu de la matière ligneuse), résulte d’un cheminement de longue haleine. Celui-ci a cependant été grandement facilité par la prépondérance de la stratégie forestière du Canada, qui a tracé la route à suivre en matière d’AFD avec des politiques visant à préserver l’intégrité des écosystèmes, à protéger les aires représentatives et à soutenir l’utilisation durable de la ressource forestière par la société.
L’AFD constitue de par sa nature même un objectif en évolution constante, qui nécessite une adaptation constante à de nouvelles circonstances. Les valeurs sociales changent, les forces économiques fluctuent, les progrès scientifiques amènent le Canada à repenser ses pratiques en plus des facteurs d’influence mondiaux, comme les changements climatiques, qui commencent à apparaître. Cette obligation d’adaptation permanente signifie que le Canada doit régulièrement, en tant que pays, prendre du recul afin d’évaluer ce qu’il fait et de s’assurer qu’il est sur la bonne voie.
Selon la dernière évaluation effectuée, présentée en détail dans le présent article, le Canada s’en tire très bien. Le modèle de l’AFD a été mis en place dans l’ensemble des terres publiques. Les provinces et les territoires, qui ont la responsabilité de la majorité des forêts au Canada, ont incorporé l’AFD à leurs propres politiques, pratiques, règlements et lois. La planification de l’aménagement forestier est rigoureuse et exhaustive, et elle est effectuée de façon ouverte, étant donné que la participation du public fait partie intégrante de la planification de l’AFD. Les outils, les processus et les indicateurs scientifiques que le Canada a élaborés pour mesurer et évaluer les résultats en matière d’AFD permettent de faire le suivi des progrès réalisés. Grâce à la certification forestière, le Canada est en mesure de démontrer qu’il satisfait aux normes internationales établies par des tierces parties. Également, le pays mise sur l’innovation et les connaissances scientifiques pour adapter ses politiques et ses pratiques..
Le Canada reconnaît qu’il lui reste beaucoup à accomplir dans son travail en vue d’aménager durablement ses forêts. Néanmoins, les réalisations accomplies à ce jour pour montrer que la théorie de l’AFD a été mise en pratique constituent une base solide à partir de laquelle le Canada peut continuer de s’améliorer. Ces réalisations forment également un système robuste pouvant aider à réagir aux difficultés actuelles et émergentes auxquelles le secteur forestier canadien est confronté.
Les Canadiens ont des attentes très élevées à l’égard de leurs forêts. Ils s’attendent à ce qu’elles contribuent à soutenir l’économie, car l’industrie forestière représente toujours l’un des piliers de l’économie canadienne. Ils souhaitent également pouvoir en tirer des valeurs écologiques (comme de la faune en santé ainsi que de l’eau et des sols sains) et des valeurs sociales (comme des loisirs, la beauté des paysages et une signification historique). Afin de trouver un équilibre entre toutes ces valeurs et de veiller à la récolte des arbres tout en préservant les avantages non liés aux produits ligneux, les gouvernements de l’ensemble du pays ont mis en place des processus de planification forestière. Ces processus se sont complexifiés au cours des années à mesure que les valeurs ont changé et que le pays a acquis des connaissances sur les meilleures façons d’atteindre ses objectifs en matière de durabilité.
Au Canada, la planification forestière est basée sur des décisions stratégiques de l’utilisation des terres, décisions arrêtées par les gouvernements (avec le concours de considérables consultations). Ces décisions guideront la planification à l’échelle des opérations. La première étape en planification forestière est d’établir l’inventaire de la forêt et de ses ressources. Par la suite, les avant-projets de plans des opérations d’aménagement forestier sont rédigés pour être soumis pour révision aux agences provinciales ou territoriales.
Tout plan d’aménagement doit être approuvé avant que ne puisse commencer l’exploitation forestière dans les terres publiques. Ce plan d’aménagement forestier est composé d’une vision stratégique, d’un engagement à l’égard des multiples valeurs de la forêt et du plan lui-même, envisagé sur plusieurs dizaines d’années, plan qui fait ensuite l’objet d’un examen tous les cinq ou dix ans. Les plans d’aménagement décrivent en détail, à partir des données scientifiques connues, l’état actuel et l’état futur souhaité des valeurs de la forêt de l’unité d’aménagement sur laquelle les plans portent. Ils dépeignent également les activités d’exploitation et de régénération ainsi que toutes les autres activités qui seront menées dans l’unité d’aménagement afin d’atteindre les objectifs fixés pour chacune des valeurs associées à la forêt.
En ce qui concerne les aires d’exploitation particulières, des plans stratégiques plus détaillés (visant à orienter par exemple la construction des routes et l’établissement des calendriers de récolte) sont élaborés pour des périodes de quelques années à la fois. Les plans d’exploitation annuels présentent les besoins de nature technique et les activités de sylviculture qui auront cours à des emplacements précis.
Quelques définitions
Durabilité des forêts : Sur le plan écologique, il s’agit de la capacité des forêts, du niveau des peuplements à celui des écorégions, à conserver leur santé, leur productivité, leur diversité et leur intégrité globale à long terme, dans le contexte des activités humaines et de l’utilisation par la population.
Développement durable des forêts : Il s’agit du développement des forêts en fonction des besoins actuels sans nuire à leur productivité future, à leur diversité écologique ou à leur capacité de régénération.
Aménagement forestier durable : Il s’agit de l’aménagement axé sur le maintien et l’amélioration de la santé à long terme des écosystèmes forestiers dans l’intérêt du vivant tout en permettant d’offrir aux générations d’aujourd’hui et de demain des bénéfices environnementaux, économiques, sociaux et culturels.
Les plans d’aménagement forestiers nécessitent d’être examinés minutieusement; il n’existe pas de raccourci dans leur préparation. Ce travail complexe est mené à terme avec minutie par des forestiers qui, en vertu de la loi, ont l’obligation d’adhérer à des codes d’éthique. Dans l’ensemble du Canada, la réalisation de ce processus de planification, qui comprend de multiples étapes nécessitant chacune la satisfaction de normes prévues par la loi, prend plusieurs années (voir le site Web Les forêts du Canada pour plus de détails).
Dans l’ensemble de ce processus, l’ébauche du plan d’aménagement est soumise à une série de vérifications et d’approbations relatives à divers facteurs, notamment l’habitat de la faune, l’eau et les sols. Également, la supervision ne s’arrête pas lorsque le plan est approuvé. Les gouvernements assurent une surveillance régulière des plans d’aménagement forestier afin de veiller à ce que les entreprises respectent ces derniers, et celles qui ne s’y conforment pas font l’objet de sanctions.
L’accroissement de l’intérêt et de la capacité du public à participer aux processus décisionnels concernant la forêt constitue l’un des plus importants changements qu’a connus la planification forestière au Canada durant les 25 dernières années. Les responsables de l’aménagement forestier et les décideurs doivent aujourd’hui consulter, par rapport à ces plans, des stratégies et des lois en lien avec la forêt, les Premières nations et tout un éventail de parties intéressées, notamment les propriétaires forestiers, d’autres secteurs industriels, des groupes environnementaux, des universitaires, des personnes qui utilisent la forêt à des fins récréatives et les représentants des collectivités concernées. La résolution des conflits constitue une part de plus en plus importante de cette participation du public, afin d’aider tous les groupes ayant des intérêts opposés à trouver un terrain d’entente de façon coopérative. Quelle que soit leur forme, les consultations publiques permettent de faire en sorte que les plans d’aménagement forestier reflètent les suggestions de toutes les parties et des gouvernements concernés par les activités d’exploitation proposées. Il s’agit d’un élément essentiel à l’AFD.
La mesure, la surveillance et l’évaluation des résultats des plans, stratégies et pratiques d’aménagement de la forêt constituent une partie essentielle de l’AFD. Il est extrêmement important que le Canada dispose de méthodes permettant de déterminer de façon objective s’il a atteint ses objectifs. De telles méthodes permettent au pays d’acquérir de nouvelles connaissances et de s’adapter — deux étapes clés — au contexte changeant au sein duquel l’AFD est exercé.
Dans l’ensemble du Canada, plusieurs aspects de l’aménagement forestier font l’objet de surveillance, notamment :
Les plans et les pratiques d’aménagement forestier sont évalués sous divers angles par des professionnels agréés, notamment des forestiers, des ingénieurs et des biologistes. Comme il a été mentionné précédemment, les plans d’aménagement forestier des exploitants de la forêt font habituellement l’objet d’un examen officiel tous les cinq ou dix ans et sont soumis périodiquement à des évaluations intermédiaires et d’inspections de conformité et ce, pour toute la durée du plan. Les examinateurs comparent les résultats réels à ceux qui étaient prévus au départ, déterminent les raisons de tout écart entre les résultats prévus et les résultats réels, examinent les objectifs d’aménagement durable et révisent les plans au besoin.
En outre, la plupart des provinces et des territoires préparent régulièrement des rapports de mesures et d’évaluation des progrès réalisés. À l’échelle nationale, Ressources naturelles Canada publie chaque année le rapport intitulé L’État des forêts au Canada et collabore dans le cadre du Conseil canadien des ministres des forêts avec les gouvernements provinciaux et territoriaux pour produire des évaluations périodiques, comme le rapport sur les critères et les indicateurs de l’AFD au Canada. Plusieurs de ces rapports sont accessibles au public en ligne (voir, par exemple, les sites foretscanada.rncan.gc.ca/indicateur et nfdp.ccfm.org/).
Partout au pays, autant des groupes d’intérêts indépendants ayant la forêt à cœur que des organismes officiellement mandatés à cet effet contribuent à soutenir la protection des valeurs de la forêt, qu’il s’agisse de la qualité de l’eau et de l’habitat de la faune, ou de la valeur des sites archéologiques et des couloirs panoramiques. Par exemple, en Colombie-Britannique, le Forest Practices Board est tenu par la loi de mener des enquêtes sur les pratiques, tant celles du gouvernement que celles de l’industrie, ainsi que d’effectuer des vérifications. L’organisme doit également réagir aux plaintes du public concernant les pratiques forestières et l’application de la réglementation provinciale.
Le Canada vise diverses cibles et se sert de divers outils scientifiques pour mesurer et évaluer les progrès réalisés en vue de l’atteinte de ses objectifs en matière d’AFD. En voici quelques exemples :
Les études de la forêt et les inventaires forestiers. Les inventaires forestiers national et provinciaux contiennent des données sur l’état et l’étendue du territoire forestier, y compris sur les valeurs connexes comme la flore, la faune, les zones riveraines, les stocks de poisson, la stabilité des pentes et les sols. Les inventaires forestiers ainsi que les changements et les tendances qu’ils reflètent fournissent de l’information précieuse concernant l’AFD.
Les évaluations des peuplements en croissance libre constituent une autre forme de surveillance, avec comme cible cette fois les peuplements (voir la figure : surveillance des terres forestières). La loi exigeant que toutes les terres publiques exploitées au Canada soient régénérées, la majorité des régimes provinciaux demandent aux titulaires de permis d’exploitation forestière dans le cadre de leurs ententes de tenure de rétablir dans les sites des peuplements récoltés des conditions de croissance libre à l’intérieur d’un délai établi. (Un peuplement est dit « en croissance libre » lorsque tous les arbres dégagés de la concurrence croissent pour former un peuplement en santé qui renfermera des tiges utilisables commercialement.) Les études d’évaluation sont remises aux organismes de réglementation provinciaux et contribuent à déterminer si les traitements sylvicoles ont donné de bons résultats et si les titulaires de permis d’exploitation ont rempli leurs obligations en matière de régénération forestière. Les exploitants qui ne respectent pas leurs obligations s’exposent à des sanctions.
Les estimations sur le déboisement et les perturbations des forêts. Ressources naturelles Canada se sert de la télédétection pour surveiller le niveau de déboisement (retrait permanent des arbres en vue d’utiliser les terres à d’autres fins comme l’agriculture ou la construction résidentielle). Grâce à cet outil, le Canada a pu confirmer que son taux annuel net de déboisement restait mineur (en 2005, le déboisement a affecté moins de 0,02 % des forêts du Canada), contrairement aux taux de déboisement de nombreux autres pays. Le déboisement constituant une importante source d’émissions mondiales de gaz à effet de serre, cette constatation contribue ainsi à appuyer la position du Canada en tant que chef de file dans le domaine de l’AFD.
Entre autre, le Canada assure le suivi des perturbations des forêts pour estimer la séquestration de carbone, la libération de carbone et les émissions de gaz à effet de serre liées aux forêts canadiennes. Les autres outils d’évaluation utilisés pour effectuer ce type d’estimation comprennent les modèles du bilan du carbone, les inventaires forestiers et les modèles de croissance. Les résultats obtenus à l’aide de ces outils d’évaluation — classés selon leur facteur causal et le niveau d’émissions de gaz à effet de serre — sont compilés à l’échelle nationale et sont publiés dans des rapports internationaux.
Les critères et les indicateurs. En plus d’être parmi les premiers pays à s’engager à mettre en place l’AFD, le Canada fait également partie des premiers pays à avoir adopté un cadre d’aménagement forestier basé sur des critères et des indicateurs. Les critères et les indicateurs constituent une base commune d’évaluation des progrès réalisés en matière d’AFD. Les critères exposent les grandes lignes d’aménagement des trois aspects de la forêt (environnementaux, économiques et sociaux) que les Canadiens souhaitent préserver. Les indicateurs sont ces variables mesurées avec des données dont on se sert pour évaluer chacun des critères. Les critères et les indicateurs ont permis de démontrer, par exemple, que le nombre d’arbres que coupe le Canada chaque année est inférieur d’au moins 20 % à la quantité estimée disponible (estimation établie en fonction des taux annuels de croissance) dans le contexte de l’exploitation durable de la ressource (voir le site Web Les forêts du Canada pour plus de détails).
L’évaluation des critères et les indicateurs fait l’objet de comptes rendus présentés à différents niveaux : au niveau local dans le cadre de la certification décrite ci-dessous, au niveau provincial dans le cadre des rapports sur les critères et les indicateurs présentés par les provinces, au niveau national dans le cadre de rapports comme celui-ci et au niveau international dans le cadre, par exemple, des rapports à produire pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le Canada fait la promotion des critères et des indicateurs à l’échelle mondiale à titre de membre du Processus de Montréal, une initiative de douze pays visant, notamment, à faire progresser l’utilisation des critères et des indicateurs comme cadre d’aménagement dans les pays comportant des zones de forêts tempérées et boréales.
La certification forestière par des tierces parties. La certification forestière réalisée par des tierces parties permet d’effectuer une vérification indépendante, en plus de la vérification des organismes de réglementation des gouvernements, qui vise à s’assurer que les pratiques des entreprises forestières sont conduites de façon durable et conformément aux normes mondialement reconnues. La certification forestière constitue, pour une entreprise, un moyen de démontrer sur la scène internationale — et plus particulièrement sur les marchés — que ses activités d’exploitation respectent l’éventail complet des normes de l’AFD, y compris la planification durable à long terme des récoltes, la protection des caractéristiques associées à la faune et le maintien de la qualité des sols. Les indicateurs et les cibles font l’objet d’une surveillance visant à s’assurer que les entreprises ne cessent pas, en cours de route, de respecter les normes associées à la certification. (Pour obtenir de plus amples renseignements concernant les systèmes de certification forestière au Canada, veuillez consulter le site Web Les forêts du Canada.)
La certification forestière par des tierces parties s’est implantée rapidement au Canada, où on retrouve actuellement 40 % des forêts certifiées dans le monde (une superficie plus de deux fois supérieure à celle de la France). L’industrie forestière a indiqué clairement son appui à la certification. En effet, l’Association des produits forestiers du Canada exige que ses membres, qui ensemble gèrent environ 75 % des forêts exploitées du pays, obtiennent une certification forestière par des tierces parties. Le fait que les normes de certification soient dans beaucoup de cas plus rigoureuses que celles de la réglementation des gouvernements contribue à renforcer l’engagement de l’industrie à l’égard de l’AFD. (Voir l’indicateur de durabilité pour plus d’information.)
Le Canada est reconnu dans le monde pour son adhésion à l’AFD et pour avoir mis en pratique ce modèle. Le Canada continue d’être déterminé à améliorer son rendement en ce qui concerne l’AFD, qui, après tout, consiste en un processus adaptatif. L’évaluation et l’adaptation de l’approche nationale en matière de durabilité réalisées à l’aide de données scientifiques rigoureuses constituent des éléments essentiels et permanents de ce processus.
La population canadienne exige que les écosystèmes des forêts soient gérés en fonction de connaissances et de principes scientifiques rigoureux. Pour ce faire, des activités de recherche sont en cours au sein des gouvernements, de l’industrie, des universités et des organismes de certification afin de faire progresser le Canada dans son cheminement vers la durabilité (voir le texte de l’encadré).
À l’heure actuelle, le Canada est confronté à trois enjeux de nature scientifique : les changements climatiques, le maintien de la biodiversité et l’utilisation de la bioénergie. Ces enjeux sont interdépendants; ils doivent être considérés globalement dans les décisions à prendre sur l’aménagement des forêts. Voilà pourquoi ils posent des défis, mais non sans ouvrir sur de larges possibilités en matière d’application de l’AFD.
Les changements climatiques. Les changements climatiques posent un double défi. Le premier défi a rapport avec la complexité des influences qu’exercent les changements climatiques sur les écosystèmes forestiers, par exemple, la modification du taux de croissance, la position concurrentielle et les capacités de reproduction de chaque espèce. Les perturbations naturelles comme les insectes, les maladies et les incendies risquent de devenir plus fréquentes ou graves et, par ricochet, d’influer sur les risques prévus dans les plans d’AFD. De telles perturbations pourraient également, en raison de leur rôle dans les dynamiques du carbone, restreindre la capacité des forêts à être des « puits » de carbone. C’est la mesure dans laquelle les écosystèmes forestiers seront touchés par les changements climatiques qui déterminera également à quel point les biens et les services de la forêt seront touchés.
Le second défi concerne la façon dont les forêts sont gérées pour atténuer les effets des changements climatiques. Par exemple, en absorbant le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, en offrant la possibilité d’utiliser de nouveaux combustibles en remplacement des combustibles fossiles et en constituant une source de produits de construction renouvelables en substitution à des produits équivalents mais plus coûteux en énergie, comme le béton et l’aluminium. Il s’agit d’un domaine de recherche complexe, qui nécessite la collecte de données à long terme et à court terme sur les effets cumulatifs des changements climatiques afin d’en évaluer les risques et d’élaborer des stratégies d’adaptation.
La biodiversité. Il est scientifiquement reconnu que les forêts sont affectées par l’effet cumulé des impacts des perturbations. La question que les aménagistes forestiers se posent est de savoir quel est le juste niveau de biodiversité et comment le maintenir devant cet effet cumulé.
Un exemple actuel d’impact est l’introduction des espèces exotiques envahissantes — ravageurs, maladies, insectes et mauvaises herbes qui sont présents à l’extérieur de leur aire naturelle. Les espèces étrangères n’endommagent pas nécessairement telle espèce d’arbre ou de plante; elles ont plutôt comme effet de changer la biodiversité des écosystèmes locaux en prenant la place des espèces indigènes. La potentialité d’entrée des espèces envahissantes au Canada s’apparente à celle du commerce international, créant, dans l’un et l’autre cas, impacts écologiques et commerciaux. Le Canada doit être en mesure de prévoir ces impacts. Il doit améliorer ses outils d’intervention et de gestion et utiliser l’apport de connaissances à cet égard pour justifier les décisions en matière de réglementation. Pour aider à résoudre le problème, le gouvernement fédéral a mis sur pied La Stratégie nationale sur les espèces exotiques envahissantes, qui vise la prévention, la détection hâtive et la réaction rapide à toute invasion d’espèces étrangères dans les forêts du Canada.
La bioénergie. La biomasse forestière est cueillie et transformée en une gamme grandissante de produits notamment en biocombustibles (voir l’article sur l’innovation dans le secteur forestier).
Bien que l’utilisation de bioénergie en remplacement des combustibles fossiles ait des effets bénéfiques sur l’environnement et l’économie, il n’en demeure pas moins qu’elle complique la tâche des aménagistes forestiers. Ils doivent s’assurer, par exemple, que récolter la biomasse forestière à des fins d’utilisation d’énergie revêt un caractère durable, autant du point de vue environnemental qu’économique. Ils doivent aussi évaluer comment des activités telles que cultiver des arbres à croissance rapide à des fins énergétiques ou récolter plus de biomasse dans le cas des coupes de récupération affecteront la diversité des forêts, autant la diversité génétique, celle des espèces que celle des écosystèmes. Le Canada a besoin de comprendre les implications relatives à la mise au point et à l’usage de la bioénergie forestière et ce que cela signifie pour l’AFD.
Devant ces trois défis de taille, le secteur forestier du Canada devra déployer des efforts d’adaptation et d’innovation considérables pour continuer d’aménager les forêts de façon durable.
Lorsqu’il est question de leurs forêts, les Canadiens sont en accord avec les principes de conservation des écosystèmes et d’utilisation judicieuse des ressources à des fins économiques. Pour ce faire, le Canada a mis en place un robuste système d’AFD. Ce système comprend des processus de planification et d’aménagement qui rendent possible la consultation publique, des outils permettant de surveiller et d’évaluer les progrès, des cadres efficaces d’établissement de rapports (particulièrement celui des critères et des indicateurs) et des améliorations continues appuyées sur les données scientifiques disponibles.
Disposant d’un tel système d’aménagement forestier durable, le Canada est ainsi largement en mesure de réagir avec adresse et de façon ingénieuse à toutes les éventualités que lui réserve l’avenir en ce qui concerne ses forêts. Le système canadien d’AFD permettra au pays :
Ces réalisations seront d’une grande importance, mais elles ne seront pas plus importantes que celles que le Canada a accomplies jusqu’à maintenant. Cela fait maintenant 17 ans que les forêts sont apparues comme un sujet clé à l’agenda international de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED). Depuis ce temps, le dossier canadien de gestion des forêts a montré que le pays avait progressé envers ses engagements relatifs à la durabilité. Avec ses cadres de gestion mis en place pour faire face aux défis actuels et futurs, le Canada continuera de jouer un rôle de leader international en tant qu’intendant de ses forêts.
Innover, ce n’est pas seulement créer quelque chose de nouveau. C’est aussi proposer de nouvelles idées. Voici une idée intrigante…
Le monde entier applaudit le secteur forestier canadien comme étant un modèle de développement sain et de renouvellement durables des forêts qui a un faible impact sur l’environnement. L’industrie forestière offre au marché mondial un éventail de produits et de services convoités, que ce soit des solutions en construction écoresponsables aux biocarburants, des papiers réactifs spéciaux ou des produits fabriqués à l’aide de lignine. La forêt procure de l’énergie renouvelable aux collectivités rurales et aux secteurs manufacturiers d’un océan à l’autre. Parce que le secteur forestier est chef de file dans la nouvelle bioéconomie, il attire des travailleurs hautement qualifiés et des chercheurs visionnaires. Le secteur forestier canadien est entré dans une nouvelle ère, à la fois progressive, adaptable, rentable et dynamique du point de vue de l’environnement.
À première vue, ce scénario semble être de la fiction, ou réalisable dans un avenir lointain. Mais à bien y penser, le secteur forestier canadien pourrait le concrétiser dès 2015, si le pays réalise les objectifs qu’il s’est fixés en matière d’innovation forestière.
Depuis quelques années déjà, l’industrie forestière canadienne tente de passer à travers des temps difficiles. Même avant la récession économique qui frappe actuellement la planète, l’industrie a été témoin d’une concurrence accrue, du recul de sa part de marché et de l’effritement de ses marges bénéficiaires. Le climat économique actuel, avec le secteur de l’immobilier en chute libre aux États-Unis et le ralentissement des marchés des produits primaires, n’a fait qu’envenimer la situation. Partout au Canada, des usines de traitement ont fermé leur porte au sein de l’industrie forestière et des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvés au chômage.
Bien que la situation économique actuelle demeure sombre, particulièrement dans les secteurs des industries qui étaient déjà sérieusement en déclin, les perspectives à long terme s’annoncent positives par rapport à la reprise économique attendue. En attendant, un message clair est ressorti : pour prospérer, l’industrie forestière doit innover. Pour y arriver, elle doit trouver de nouvelles manières de faire des affaires, de conquérir de nouveaux marchés, de lancer de nouveaux produits et technologies et d’adopter de nouvelles approches en recherche et développement — tout cela peut transformer l’industrie et l’aider à prospérer de nouveau.
La première étape par laquelle a dû passer le secteur forestier a été de créer un nouveau créneau d’innovation. Dans le passé, une collectivité fragmentée en R-D a empêché le Canada d’innover dans le secteur forestier. Trois instituts nationaux, soit l’Institut canadien de recherches en génie forestier (Feric), Forintek et Paprican, et des scientifiques dispersés dans des laboratoires gouvernementaux, universitaires et industriels ont mené des recherches. Malgré ces recherches et les progrès réalisés, les programmes et les objectifs de recherche n’étaient pas coordonnés, ce qui a parfois atténué leur impact sur le secteur forestier.
En 2003, on a procédé à la création du Conseil canadien de l’innovation forestière (CCIF) afin de gérer les besoins associés à l’innovation et de s’assurer de la collaboration entre chercheurs. Ce groupe de représentants officiels du gouvernement et de l’industrie a mis sur pied une stratégie nationale en matière d’innovation forestière. Il a aussi créé pour le Canada un creuset de l’innovation. Suivant une recommandation du CCIF en 2007, les trois instituts nationaux de recherche ont fusionné avec le nouveau Centre canadien sur la fibre de bois, (voir l’encadré), afin de former FPInnovations. L’Initiative sur la compétitivité à long terme de l’industrie forestière du gouvernement fédéral a appuyé cette fusion.
Centre canadien sur la fibre de bois
Lorsqu’il s’est joint aux trois centres de recherche forestière pour former FPInnovations, le nouveau Centre canadien sur la fibre de bois (CCFB) a comblé une lacune dans le domaine de la recherche, comme l’avait relevé le Conseil canadien de l’innovation forestière, soit le besoin de recourir à une méthode de recherche « axée sur les causes », et qui mette l’accent sur la forêt à part entière compte tenu de la gestion des fibres pour un avantage concurrentiel durable.
Le CCFB a été fondé dans le but d’en faire un centre virtuel, non une usine réelle. Le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada a recruté des employés à même son organisme, dont les compétences cadraient avec les priorités de FPInnovations en matière de recherche, puis a affecté ces personnes au CCFB. Pour ce faire, aucune nouvelle infrastructure n’a été requise et aucun employé n’a été réaffecté. De par sa conception, le CCFB est un organisme fédéral unique et efficace, qui contribue à la recherche forestière et au modèle de collaboration sur lequel se fonde FPInnovations.
Aujourd’hui, FPInnovations est le plus important institut de partenariat de recherche de produits forestiers à but non lucratif du monde. Financé en partie par les entreprises forestières cotisantes, cet institut représente les principaux investisseurs en R-D et en recherche à caractère préconcurrentiel au sein de l’industrie. FPInnovations constitue un véritable institut national, avec des laboratoires à Québec, Montréal et Vancouver, ainsi que des bureaux de transfert de la technologie partout au pays. Il emploie plus de 600 personnes et son budget est de 90 millions de dollars. Son comité directeur représente les intérêts des entreprises forestières et des gouvernements.
Grâce à la vaste expérience de FPInnovations, ainsi qu’à sa capacité à travailler en partenariat avec les universités et les autres groupes de recherche, l’innovation peut désormais être abordée dans la réalisation d’une suite d’éléments cohérents : de l’étude de la génétique des arbres en forêt aux procédés de coupe du bois et de fabrication, jusqu’à la mise en marché à l’échelle mondiale.
Avec cette première phase franchie et une infrastructure de soutien en place, la prochaine étape consistait à organiser l’innovation en soi. Trois objectifs ont canalisé les efforts de l’innovation forestière canadienne :
Au sein de l’économie mondiale d’aujourd’hui, l’industrie forestière du Canada est confrontée à de nouveaux défis. La dépendance traditionnelle à l’égard des produits primaires, soit les pâtes, les papiers, le bois de sciage et les autres matériaux de construction, a rendu les entreprises canadiennes vulnérables aux pressions exercées sur les prix et à la vive concurrence des producteurs mondiaux.
Cette situation a incité l’industrie forestière du Canada à revoir sa façon de faire des affaires. Alors que les produits forestiers traditionnels continueront de constituer une part de l’éventail des produits offerts, les producteurs de l’industrie reconnaissent le besoin d’enrichir leur porte-document de nouvelles idées de produits fabriqués à base de fibre. Pour être en concurrence directe avec ses compétiteurs, l’industrie canadienne est en train de déterminer les particularités propres aux ressources forestières canadiennes pour en tirer profit. L’industrie entend aussi utiliser plus efficacement la fibre ligneuse, en plus de faire preuve de plus de discernement dans le choix de telle fibre pour tel produit.
La réflexion du secteur suit trois courants.
L’industrie est de plus en plus désireuse de concevoir une plus grande quantité de produits spécialisés afin de solidifier son assise en offrant des produits à valeur ajoutée concurrentiels. Dans le passé, l’industrie forestière a connu le succès avec les produits manufacturés comme les 2 par 4. Dans l’avenir, l’accent sera davantage mis sur la détermination des besoins des clients pour être en mesure de leur fournir des solutions bien pensées, comme des systèmes et des éléments fonctionnels de construction.
Pour que l’industrie devienne axée sur les solutions, elle doit évaluer les besoins propres à chaque client, développer des procédés de fabrication et créer des solutions sur mesure qui exploitent le mieux les ressources spécialisées du Canada. Dans le cadre d’un nouveau modèle commercial, les études de marché et la gestion des clients occupent un rôle aussi important que la coupe du bois et la production forestière.
Pour faire des besoins des clients la priorité absolue, il faut que les décisions relatives aux produits fabriqués et aux procédés de fabrication répondent à la demande du marché. Une fois la demande du marché bien définie, l’industrie peut ensuite progresser dans la chaîne, communément appelée « chaîne de valeur », à partir des matières premières, en ciblant quelle ressource forestière possède les caractéristiques que recherche le marché, et quel procédé de fabrication est le mieux adapté à cette ressource et à cette solution commerciale.
Quand on conçoit l’entreprise comme une chaîne de valeur et en procédant aux meilleurs jumelages dans la progression de la chaîne, soit entre les besoins du marché, les méthodes de transformation et les matières premières, la valeur des produits forestiers et la valeur de la ressource dont ces produits sont inspirés augmentent. L’objectif consiste à concrétiser une pensée novatrice dans l’ensemble de la chaîne, en examinant chaque point à travers la loupe du développement économique, environnemental et social afin que la bonne ressource soit utilisée pour la fabrication du bon produit.
À une époque où les consommateurs se soucient de la gestion de l’environnement et des faibles empreintes de carbone, le secteur forestier canadien est en position de force. Ce secteur établit déjà une norme mondiale en matière d’aménagement forestier durable, avec 40 % de la superficie mondiale de forêts certifiées par une tierce partie indépendante (lire l’article sur l’aménagement forestier durable). D’un bout à l’autre du pays, le traitement des forêts laisse une empreinte environnementale de plus en plus faible, grâce à des technologies intelligentes et à la récupération d’énergie. En fait, l’Association des produits forestiers du Canada s’est engagée à ce que l’industrie forestière devienne le premier secteur industriel carboneutre (sans compensations) en 2015.
On peut d’ores et déjà affirmer que les bioressources renouvelables joueront un rôle important dans l’économie de demain. Le Canada, qui compte sur d’abondantes matières premières renouvelables dans ses forêts et un programme ciblé de recherche, est en voie de devenir un fournisseur de premier plan de cette nouvelle bioéconomie. Trouver de nouvelles façons de répondre à la demande croissante de produits et de services respectueux de l’environnement est une priorité en matière d’innovation forestière.
Innover constitue pour le secteur forestier la clé pour mettre au point un modèle de gestion différent. Mais ce modèle s’avérera efficace seulement si l’industrie peut produire des nouvelles solutions à valeur ajoutée, de faire en sorte que les ressources répondent aux besoins du marché et de développer de nouvelles technologies en bioéconomie.
Le gouvernement fédéral a joué un rôle important en encourageant le secteur forestier à développer une nouvelle génération de produits, de processus et d’applications. Dans le cadre du Programme des technologies transformatrices (avec le financement du Plan d’action économique du Canada), le gouvernement appuie FPInnovations et les universités coopérantes pour que ces derniers fassent avancer la science forestière. Ce programme soutient les initiatives qui visent à transformer l’industrie forestière, à diversifier les gammes des produits et à mettre au point de nouvelles technologies.
Les cinq thèmes du Programme des technologies transformatrices constituent les meilleures cartes du Canada pour revitaliser le secteur des produits forestiers.
Thème 1 — solutions en construction de la prochaine génération
Objectif : Appliquer de nouvelles technologies, des capacités d’ingénierie et de conception à des matériaux conventionnels et des nouveaux matériaux à base de bois, en vue de créer des solutions en construction durables (systèmes et assemblages par exemple) à des fins résidentielles et non résidentielles.
Potentiel : Le bois est un isolant de longue durée (excellente efficacité énergétique), qui a un bon potentiel de résistance aux tremblements de terre. Plus particulièrement, on mettra au point des processus qui augmentent la résistance du bois au feu, des technologies qui accélèrent la construction tout en réduisant les coûts, des nouveaux systèmes pour les bâtiments non résidentiels comme les écoles, ainsi que des solutions qui répondent aux besoins politiques (p. ex., logements abordables et logements provisoires, bâtiments carboneutres).
Exemple : Trois nouveaux projets de construction non résidentielle et de bâtiments à étages sont en cours : (1) une construction à six étages à ossature en bois, (2) une charpente hybride à poteaux et à poutres et en béton, et (3) le contreplaqué format géant appelé X-Lam. Les trois conceptions font appel à du bois comme produit d’usage final plutôt qu’à du béton et à de l’acier comme le veut la tradition. (Voir l’article du site Web Les forêts du Canada : « Les constructions en bois : prochaine génération de projets ».)
Thème 2 — pâtes et papiers de la prochaine génération
Objectif : Combiner les caractéristiques uniques des fibres de bois canadiennes à de nouvelles technologies de fabrication pour créer des pâtes et papiers à valeur ajoutée.
Potentiel : La combinaison de fibres de bois canadiennes longues et fortes avec des charges bon marché produit des papiers d’impression et d’écriture fins qui peuvent faire concurrence, en termes de qualité et de prix, aux produits de rechange des producteurs de pâtes à base d’espèces tropicales. De nouveaux types de pâtes (à base de fibres de bois et agricoles) peuvent servir à produire des emballages à haut rendement et des papiers spécialisés qui ont des mesures de sécurité intégrées et des propriétés antimicrobiennes, et qui résistent à l’humidité. Des solutions de chimie verte peuvent mener à l’élaboration de processus de fabrication de pâtes à papier qui produisent des papiers plus écologiques.
Exemple : La mise au point de processus à forte teneur en charges qui utilisent des pâtes de bois mécanique (dont les fibres peuvent faire concurrence avec les fibres de plantations à courte révolution) est près de la phase de commercialisation ou est prête. (Voir l’article du site Web Les forêts du Canada : « Papiers de prochaine génération : l’importance de miser sur les fibres canadiennes de première qualité ».)
Thème 3 — énergie et produits chimiques issus de la biomasse forestiere
Objectif : Trouver des méthodes rentables du point de vue économique pour grouper la biomasse forestière et la transformer en nouveaux produits comme des carburants et des produits chimiques.
Potentiel : Déjà considérée comme un déchet, la biomasse forestière est une source écologique et renouvelable de chaleur et d’électricité qui réduit l’utilisation actuelle des combustibles fossiles. Le secteur forestier est déjà le plus important producteur de bioénergie, et l’industrie des pâtes et papiers répond à environ 57 % de ses propres besoins énergétiques grâce à la biomasse. Il y a un intérêt à explorer davantage ce potentiel, possiblement en rendant le secteur forestier un cotisant net à la grille énergétique. De plus, la technologie peut transformer la biomasse en combustibles, produits chimiques et autres produits couramment fabriqués à partir de ressources non renouvelables. Parmi les principaux objectifs, soulignons l’exploration de la bioraffinerie et l’ouverture d’une usine de gazéification de démonstration.
Exemple : Des travaux de conception d’une unité de gazéification de la biomasse sont en cours. L’unité remplacera au début la consommation de combustibles fossiles dans une usine de pâtes krafts, puis établirera par la suite la capacité de créer des combustibles et des produits chimiques issus de la biomasse. (Voir l’article du site Web Les forêts du Canada : « Nouvelles utilisations de la biomasse forestière ».)
Thème 4 — nouveaux bioproduits
Objectif : Convertir le bois en de nouveaux matériaux à base de cellulose et explorer la consommation de cellulose nanocristalline (CNC) pour approvisionner les créneaux rentables du marché.
Potentiel : L’initiative de recherche immédiate est axée sur les applications commerciales des nanomatériaux, particulièrement de la CNC, dans le processus de fabrication actuel des pâtes et papiers et des produits du bois. Par exemple, dans les revêtements avancés pour les papiers et les cartons, les charges du papier, les papiers plus robustes et résistants à l’humidité et les films iridescents décoratifs. Ou encore, les papiers intelligents avec biocapteurs intégrés qui détectent et détruisent les agents pathogènes et les toxines. À plus longue échéance, la CNC intéresse les autres industries comme élément de composites légers et à haute résistance.
Exemple : Un processus a été élaboré pour produire de la CNC sous une forme déshydratée, facile à disperser, adaptée aux applications commerciales. (Voir l’article du site Web Les forêts du Canada : « La cellulose nanocristalline : pas un produit du bois ordinaire ».)
Thème 5 — maximisation intégrée de la chaîne de valeur
Objectif : Appliquer de nouvelles technologies qui optimisent la chaîne complète de valeur en faisant concorder les caractéristiques des fibres avec les procédés de fabrication et les besoins du marché, tout en obtenant la valeur optimale et le meilleur rendement de la ressource forestière.
Potentiel : Ce thème de recherche recoupe les quatre autres thèmes et ses résultats sont à plus brève échéance. Les travaux portent sur des technologies de l’information, des outils et des modèles numériques qui établissent les caractéristiques des ressources forestières et les associent aux meilleurs procédés de fabrication et marchés. D’autres technologies permettront d’améliorer la planification forestière et de mieux gérer plus intégralement la chaîne de valeur, de la forêt jusqu’au marché.
Exemple : Un important projet de démonstration est en cours en Colombie-Britannique pour maximiser la valeur de la pruche-sapin (hem-fir), ressource forestière abondante mais non utilisée à sa pleine capacité. (Voir l’article du site Web Les forêts du Canada : « Maximisation de la valeur : l’exemple de la côte de la Colombie-Britannique ».)
Au fur et à mesure qu’il développe la prochaine génération de produits et processus forestiers, le Canada peut tirer parti de nombreux avantages. Les forêts du pays sont vastes et bien aménagées, assurant un approvisionnement stable de services d’ordre commercial et environnemental. Les ressources de ces forêts sont naturellement diverses et conviennent à une industrie qui nécessite la diversité des espèces d’arbres pour créer de nouveaux produits. Grâce à ses centres de recherche, ses universités, ses installations industrielles et ses laboratoires gouvernementaux, le Canada compte sur cette infrastructure pour aider l’industrie à adopter une technologie de pointe.
Malgré les difficultés actuelles, les perspectives à long terme de la demande mondiale de produits forestiers sont prometteuses. Si le Canada continue à investir en R-D et dans l’innovation, l’industrie forestière pourra bientôt offrir une gamme de produits et des processus plus diversifiés.
Le succès en matière d’innovation forestière est étroitement lié à la façon dont les connaissances et les technologies sont générées et appliquées. La nouvelle méthode de recherche que le secteur veut mettre de l’avant tient au transfert des technologies et à l’assurance que la communauté scientifique vise l’atteinte de buts communs.
Le secteur forestier a déjà fait des progrès considérables en ce qui concerne ce nouveau style de partenariat de recherche grâce à la formation de FPInnovations. L’adoption de ce partenariat a permis au secteur de collaborer davantage avec les universités, leur donnant à leur tour la possibilité d’harmoniser leurs travaux avec ceux du Programme des technologies transformatrices.
Une telle harmonisation a donné le coup d’envoi au CRSNG (Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie), qui investira 9 millions de dollars annuellement dans le cadre de l’initiative en R-D du secteur forestier. Cet argent permettra de financer la recherche universitaire, harmonisée en fonction des priorités du secteur forestier en matière d’innovation, et de mettre l’accent sur des technologies de transformation. Le CRSNG, Ressources naturelles Canada et FPInnovations travaillent ensemble pour déterminer lesquels des projets sont les plus pertinents et valables pour l’industrie.
Il existe déjà un certain nombre de réseaux universitaires qui appuient les objectifs du secteur forestier sur le plan de l’innovation. Des partenariats tels que PAPIER, Sentinel et ArboraNano sont à l’avant-garde dans leur domaine respectif de recherche (voir encadré). La prochaine étape consiste à attirer un plus grand nombre de partenaires et de veiller à ce que les efforts de recherche soient intégrés et que la voie vers leur application soit rapidement et clairement tracée.
Le gouvernement fédéral a reconnu le rôle clé des démonstrations dans son budget de 2009, prévoyant investir 40 millions de dollars pour mettre au point des démonstrations pilotes de nouveaux produits forestiers afin d’en arriver rapidement à leur application commerciale.
En unissant leurs efforts, les chercheurs forestiers, les décideurs et l’industrie ont tous un rôle vital à jouer dans l’avenir du secteur forestier canadien. Ils doivent stimuler l’innovation et l’orienter vers des solutions dont le secteur pourra bénéficier le plus. Ils doivent faire leur part pour transformer les idées novatrices en réalités novatrices. Et ils doivent s’assurer que les innovations forestières continuent à être en accord avec les priorités économiques, sociales et environnementales comme l’exige l’aménagement forestier durable.
Réseaux de recherche pour l'innovation
PAPIER (le Réseau canadien de pâtes et papiers pour l’innovation en éducation et en recherche, papiernet.ca) regroupe près de 100 membres de facultés universitaires qui enseignent et mènent la recherche à l’intention de l’industrie des pâtes et papiers. FPInnovations lui fournit un soutien directeur et administratif.
Un des projets de développement les plus importants de PAPIER a été de créer, en 2008, le Canadian University Forest Biorefinery Network, communément appelé CUFBNet. Ce réseau offre à l’industrie un point d’accès unique à la recherche universitaire sur les bioraffineries. Ce réseau est également un outil d’échange des recherches en bioraffinerie (incluant des réseaux internationaux) et de développement de nouveaux partenariats.
PAPIER a fourni un soutien administratif à la création de Sentinel (le réseau des papiers bioactifs, bioactivepaper.ca, site en anglais seulement). Situé à l’Université McMaster, Sentinel forme un réseau constitué de 11 universités, d’organismes gouvernementaux et de partenaires commerciaux, qui travaillent à la création de papiers bioréactifs. Ces papiers peuvent détecter, capter et même désactiver les agents pathogènes. Le traitement spécial, mais bon marché des produits de papier (par exemple, les masques médicaux, les filtres, les bandelettes de test, les papiers d’emballage pour aliments) permet de combattre le SRAS, la listériose et une variété de maladies; il peut détecter les aliments et l’eau contaminés et offrir des tests médicaux dont les résultats sont obtenus sur le terrain, à un prix abordable.
Sentinel a fait du Canada un pionnier mondial dans le développement de papiers bioréactifs et de produits commerciaux, lesquels continueront à se développer au fil des ans.
Les universités ne sont pas les seuls chefs de file des réseaux de recherche forestière. ArboraNano est un centre d’excellence dirigé par des entreprises et créé grâce à des fonds qui ont été versés en février 2009 par le gouvernement fédéral. Géré par FPInnovations, ArboraNano (qui signifie les nanomatériaux des arbres) vise à convertir le secteur forestier en un fournisseur de nanomatériaux renouvelables de haute valeur. Ces nanomatériaux intéressent de nombreux secteurs, notamment les industries aérospatiale, automobile et médicale. Ils peuvent être utilisés de plusieurs façons, notamment dans l’amélioration des produits chimiques, matériaux composites, produits cosmétiques, produits pharmaceutiques, revêtements, produits forestiers et autres applications.
ArboraNano réunit l’expertise de scientifiques et d’ingénieurs canadiens en provenance des industries les plus susceptibles de bénéficier de leurs travaux de recherche, et il compte aussi sur l’appui des laboratoires universitaires et gouvernementaux. Le succès d’ArboraNano servira de modèle d’harmonisation de la recherche de base et appliquée avec l’innovation forestière du secteur privé en vue d’exploiter le plus efficacement possible les ressources forestières du Canada.
La provenance des données est indiquée sous chaque type. Elles ont été modifiées au besoin, aux fins d’exactitude et d’uniformité. Toutes les données font l’objet d’une révision.
Dans la plupart des cas, les résultats présentés viennent de données qui représentent l’année précédant la période du rapport. Dans quelques cas, les résultats viennent d’analyses de données qui ont été collectées au cours des deux ou trois années la précédant..
La plupart des chiffres sont calculés pour l’année civile, mais certains sont fondés sur l’année financière du gouvernement fédéral (du 1er avril au 31 mars). Les chiffres sont arrondis (dans le cas des données sur l’emploi, l’arrondissement est effectué à la centaine près).
Il peut se révéler hasardeux de comparer entre elles avec exactitude les données des différentes sections, vu leur provenance multiple. La collecte et les calculs peuvent avoir été effectués de différentes façons.
Les chiffres sur le déboisement et le boisement indiquent des taux annuels, tandis que ceux sur l’émission et le piégeage du CO2e montre des taux pour l’année courante ainsi que pour les 20 années précédentes. Par conséquent, les chiffres d’émissions de CO2e comprennent les émissions résiduelles des terres déboisées au cours des 20 dernières années, et ceux du piégeage de CO2e, le piégeage actuel qui se produit sur les terres qui ont été reboisées au cours des 20 dernières années. Les émissions et le piégeage de CO2e concordent exactement avec les chiffres les plus récents d’inventaire des gaz à effet de serre soumis à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques. Dans tous les cas, les émissions sont de signe positif tandis que le piégeage est de signe négatif.
Les superficies brûlées comprennent celles de toutes les forêts du Canada. Les figures de l’année la plus récente sont tirées du Centre interservices des feux de forêt du Canada. Les données des années précédentes ont été fournies par les provinces et territoires, disponibles auprès du Conseil canadien des ministres des forêts, l’organisme responsable de la Base nationale de données sur les forêts.
Les données nationales et provinciales sur la récolte comprennent les données sur le bois rond industriel et le bois récolté pour le bois de chauffage. La possibilité annuelle de coupe calculée pour la Colombie-Britannique ne comprend pas toutes les terres privées, mais les données sur la récolte les incluent. Le taux annuel de récolte dans cette province peut fluctuer et dans certains cas, excéder la possibilité annuelle de coupe. Toutefois, sur une période de cinq ans, les données sur la récolte devraient être équivalentes à la possibilité annuelle de coupe ou être moins élevées que cette dernière.
Source : les données proviennent des organismes provinciaux et territoriaux d’aménagement forestier et sont disponibles à partir de la Base nationale de données sur les forêts du Conseil des ministres des forêts.
Les données sur les insectes proviennent des organismes provinciaux et territoriaux; elles comprennent l’information sur les aires où la mortalité des arbres est due aux scolytes et sur les cas de défoliation modérée et grave. La défoliation ne conduit pas toujours à la mortalité; par exemple, des peuplements frappés par une défoliation modérée parviennent souvent à se rétablir sans que leur croissance n’en soit trop affectée. Les données sur la défoliation sont présentées par type d’insectes. Puisqu’une région donnée peut être affectée par plus d’un insecte à la fois, on peut alors obtenir un compte en double ou en triple, ce qui donne une surévaluation de la superficie totale défoliée.
Source : Conseil des ministres des forêts, Base nationale de données sur les forêts.
Si une superficie forestière est certifiée en fonction de plus d’une des trois normes de l’aménagement forestier durable (Association canadienne de normalisation [CSA], Sustainable Forest Initiative [SFI] et Forest Stewardship Council [FSC]), la superficie n’est comptée qu’une seule fois; par conséquent, le total des certifications des normes de l’aménagement forestier durable peut être inférieur à la somme des parties.
Source : Coalition canadienne pour la certification de la foresterie durable.
Source : Conseil des ministres des forêts, Base nationale de données sur les forêts.
Différence entre la valeur des biens et des services qu’un pays exporte et la valeur des biens et des services qu’il importe. Si les exportations d’un pays excèdent ses importations, il y a surplus commercial; si les importations dépassent les exportations, il y a déficit commercial.
Source : Statistique Canada, commerce de marchandises (extraction spéciale), données mensuelles.
Source : Inventaire forestier du Canada (Canfi) 2001.
Les figures sur la consommation relèvent de calculs établis par le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada. Cette information est seulement disponible à l’échelle nationale.
Arbres de Noël
Les quantités produites et leur valeur sont estimées suivant les calculs du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada.
Sources : Statistique Canada et Conseil des ministres des forêts, Base nationale de données sur les forêts.
Bleuets nains
Source : Agriculture et Agroalimentaire Canada, Secteur canadien de l’horticulture, Survol des résultats, Campagne agricole de 2007, tableau 5-12.
Bois de sciage
Source: Statistique Canada, Production et livraisons de bois d’œuvre, données mensuelles (mètres cubes secs), Tableau CANSIM 303-0009, avril 2009.
Panneaux de construction
Les données sur la production et la consommation des panneaux de construction — contreplaqués et panneaux de grandes particules orientées — proviennent de APA-The Engineered Wood Association.
Papier journal, papier d’impression et d’écriture, pâte de bois
Les valeurs de production et de consommation sont évaluées avec les données du Conseil des produits des pâtes et papiers.
Peaux d’animaux sauvages (excluant les phoques)
Source : Statistique Canada, Nombre et valeur des peaux produites, données annuelles Tableau CANSIM 003-0013, octobre 2008.
Produits de la sève d’érable
Source : Conseil des ministres des forêts, Base nationale de données sur les forêts.
Valeur sans double compte des biens et services produits dans le territoire d’économie d’un pays ou d’une région au cours d’une période donnée. Les valeurs des figures sont en dollars courants et en dollars constants, et seulement disponibles pour le Canada. Les dollars courants sont basés sur les valeurs, les prix ou les coûts en vigueur au moment de la tenue des enquêtes ou des évaluations. Les dollars constants servent à mesurer les variations de la valeur réelle du dollar dans une période donnée. Le dollar constant est la valeur réelle du dollar courant comparée à la valeur du dollar dans une année de référence spécifique. L’expression du PIB en dollars constants permet de mesurer la croissance réelle en enlevant l’effet de l’inflation.
Source : Statistique Canada, Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), données mensuelles (dollars), Tableau CANSIM 379-0027, février 2009 et Certains indicateurs économiques, comptes économiques provinciaux, Tableau CANSIM 384-0013, avril 2009.
Les dépenses en immobilisations sont constituées par le coût d’acquisition, de construction et d’installation d’usines, de machinerie et d’équipement durables, que ce soit ou non à des fins de remplacement ou de location. Les dépenses immobilisées servant par exemple à payer des études de faisabilité, des honoraires d’architecte, d’avocat ou d’ingénieur et des frais d’installation, la valeur des immobilisations implantées par une entreprise, soit par voie de sous- traitance, soit par son propre personnel, ainsi que les frais d’intérêt capitalisés découlant des prêts qui financent les immobilisations sont aussi comprises dans les dépenses en immobilisations. Les dépenses en réparations sont constituées du coût de réparation et d’entretien des charpentes, de la machinerie et de l’équipement.
Source : Statistique Canada, Immobilisations et réparations, selon le secteur et la province, données annuelles (dollars), Tableau CANSIM 029-0005, et Immobilisations et réparations, selon les secteurs de l’industrie 31-33, fabrication, données annuelles (dollars), Tableau CANSIM 029-0009, février 2009.
Toute personne qui travaille directement pour l’une ou l’autre des industries suivantes : foresterie et exploitation forestière, industrie impliquée dans les activités de soutien à la foresterie, papetières, industries des produits du bois.
Les données proviennent de l’enquête sur la population active (EPA) et de l’enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH) de Statistique Canada. Toutes ces données ne peuvent être comparées entre elles car leur méthodologie diffère.
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active (EPA), janvier 2009 (extraction spéciale) et Enquête sur l’emploi, la rémunération et les heures de travail (EERH), estimations non désaisonnalisées, selon le type d’employé pour une sélection d’industries selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), données mensuelles (personnes), Tableau CANSIM 281-0023, mars 2009.
Taux d’ajustement servant à éliminer la variabilité saisonnière dans les données d’économie ou d’affaires. La plupart des données auront à être ajustées au cours de l’année. Ces ajustements permettent de comparer avec plus de précision les données mensuelles tout au long de l’année. Le taux annuel désaisonnalisé résulte de la division du taux annuel non ajusté, pour un mois donné, par un facteur lié à la saison; cela donne le taux annuel ajusté pour ce mois. Ces ajustements sont souvent utilisés quand il s’agit de livrer au public des données sur l’économie. Par exemple, l’industrie de la crème glacée connait d’importantes variations saisonnières, car il y a davantage de crème glacée vendue en été qu’en hiver. Ainsi, en calculant avec le taux de vente ajusté, les ventes de l’été peuvent être comparées avec celles de l’hiver.
Source : Société canadienne d’hypothèques et de logement.
Toute dépense défrayée pour les bâtiments, les constructions, la machinerie et l’équipement utilisés en cours de construction, l’ingénierie de construction. Les nouveaux investissements incluent l’achat de machinerie et d’équipement usagés importés pour une période en cours donnée. Les investissements engagés pour les bâtiments comprennent le transfert des coûts générés par la vente d’actifs (par exemple les commissions de courtage).
Source : Statistique Canada, Immobilisations et réparations, selon le secteur et la province, données annuelles (dollars), Tableau CANSIM 029-0005, et Immobilisations et réparations, selon les secteurs de l’industrie 31-33, fabrication, données annuelles (dollars), Tableau CANSIM 029-0009, février 2009.
Revenus provenant de la vente de biens fabriqués à partir des matières appartenant à l’établissement où ils l’ont été, de travaux de réparation et de frais de service de fabrication ou de travail à forfait.
Source : Statistique Canada, Enquête annuelle sur les manufactures et l’exploitation forestière (EAMF) : Exploitation forestière, statistiques principales selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), données annuelles, Tableau CANSIM 301-0007 et Statistiques principales pour les industries manufacturières, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), données annuelles, Tableau CANSIM 301-0006, 2004-2007.
Les salaires et traitements couvrent tous les gains d’emploi versés aux résidents canadiens pour le travail effectué, en espèces ou en nature, et avant toute déduction au chapitre des impôts sur le revenu et des cotisations aux régimes de retraite, à l’assurance-emploi et à d’autres programmes d’assurance sociale.
Source : Statistique Canada, Enquête annuelle sur les manufactures et l’exploitation forestière (EAMF) : Exploitation forestière, statistiques principales selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), données annuelles, Tableau CANSIM 301-0007 et Statistiques principales pour les industries manufacturières, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), données annuelles, Tableau CANSIM 301-0006, 2004-2007.
L’aménagement forestier durable peut être suivi par le truchement d’un ensemble d’indicateurs. Un indicateur est une mesure objective appuyée sur des observations.
Ces indicateurs basés sur les connaissances scientifiques fournissent de l’information cohérente et uniforme aux gouvernements, à l’industrie et au public sur les progrès réalisés à l’échelle nationale d’une année à l’autre. Ils permettent de déterminer où les améliorations peuvent être apportées. Cependant, aucun indicateur pris individuellement ne donne une mesure de la durabilité; il faut considérer tous les indicateurs pour en obtenir une évaluation précise.
On trouvera ci-dessous un échantillon d’indicateurs de l’aménagement forestier durable ainsi que l’information la plus récente sur la situation des forêts du Canada dans chaque domaine.
La diversité biologique, ou biodiversité, contribue à créer un large éventail d’écoservices essentiels au maintien de la vie. Par exemple, la biodiversité joue un rôle dans la régulation du climat. La présence de diversité permet aussi aux organismes et aux écosystèmes de réagir et de s’adapter au changement environnemental et aux menaces qui pèsent sur eux, comme les maladies. Le maintien de la biodiversité est donc essentiel à l’aménagement forestier durable.
Pourquoi cela est-il important?
| Espèces associées à la forêt réévaluées par le COSEPAC depuis 1999* en date d’avril 2009 |
|
|---|---|
| % | Changement de statut |
| 42 | Même catégorie |
| 19 | Catégorie de risque plus élevé |
| 2 | Catégorie de risque moins élevé |
| *37 % des espèces ont été évaluées pour la première fois | |
Qu’est-de qui a changé?
Les écosystèmes forestiers du Canada doivent être résilients pour s’adapter aux perturbations d’origine naturelle et humaine, se régénérer et maintenir leurs fonctions et leurs processus écologiques.
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Superficie et nombre de semis plantés sur des terres provinciales de la Couronne | 2007 | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement par rapport aux dix dernières années* |
|---|---|---|---|
|
Superficie plantée et ensemencée (millier d’hectares)
|
459 | 0,7 | 0,2 |
|
Semis plantés (million)
|
628 | 1,1 | 0,0 |
|
*1997 – 2006
|
|||
|
Source : Base nationale de données sur les forêts
|
|||
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Estimation de la superficie déboisée par secteur (millier d’hectares) | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Secteur
| Année | |||||
| 1980 | 1983 | 1990 | 1995 | 2006 | 2007 | |
|
Agriculture
|
70,6 | 70,6 | 44,7 | 26,2 | 26,2 | 26,2 |
|
Foresterie*
|
5,5 | 4,9 | 5,7 | 6,7 | 5,9 | 5,9 |
|
Municipal
|
5,8 | 5,8 | 5,2 | 4,7 | 4,7 | 4,7 |
|
Hydroélectrique**
|
4,1 | 117,1 | 3,3 | 35,3 | 29,5 | 1,3 |
|
Industriel et transport
|
8,0 | 7,0 | 7,6 | 8,2 | 8,8 | 8,7 |
|
Loisirs
|
0,8 | 0,8 | 0,8 | 0,9 | 0,9 | 0,9 |
|
Total
|
94,8 | 206,2 | 67,3 | 82,0 | 76,0 | 47,7 |
|
* Résultant de la création de chemins forestiers permanents
** Comprend le déboisement attribuable à l’installation d’infrastructures et de réservoirs pour l’hydroélectricité |
||||||
|
Source : Environnement Canada. 2008. Rapport d’inventaire national 1990-2006: sources et puits de gaz à effet de serre au Canada
|
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Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
Maladies
Récolte
| Superficies forestières perturbées | Million d’hectares | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente |
|---|---|---|
|
Superficie brûlée (2008)
|
1,7 | 10,3 |
|
Superficie défoliée par des infestations importantes de ravageurs (2007)
|
||
|
Livrée des forêts
|
2,2 | -56,6 |
|
Dendroctone du pin ponderosa
|
10,1 | 8,7 |
|
Tordeuse des bourgeons de l’épinette
|
1,4 | 22,2 |
|
Superficie récoltée (2007)
|
0,7 | -10,9 |
|
Sources : Centre interservices des feux de forêt du Canada et Base nationale de données sur les forêts
|
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Les forêts jouent un rôle important dans les cycles écologiques planétaires. Elles dépendent — en plus d’y contribuer — des processus d’autorégulation en cause dans le recyclage du carbone, de l’eau, de l’azote et autres éléments nécessaires à la vie. L’aménagement forestier peut avoir une incidence sur le rôle des forêts dans le cycle du carbone.
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
L’aménagement forestier durable permet d’assurer que les forêts fournissent une vaste gamme de biens et de services à long terme et offrent des avantages économiques et sociaux importants.
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Certification | Million d’hectares 2008 | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement par rapport aux neuf dernières années* |
|---|---|---|---|
|
Total
|
145,7 | 5,7 | 86,7 |
|
*1999 – 2007
|
|||
|
Source : Coalition canadienne pour la certification de la foresterie durable
|
|||
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Emplois | 1999 | 2008 |
|---|---|---|
|
Emplois directs
|
351 300 | 273 700 |
|
Emplois indirects et induits
|
541 600 | 422 000 |
|
Emplois directs, indirects et induits
|
892 900 | 695 700 |
| Emplois directs | Années-personnes 2008 | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement par rapport aux dix dernières années* |
|---|---|---|---|
|
Fabrication des produits du bois
|
129 100 | -11,9 | -0,1 |
|
Fabrication du papier
|
90 600 | 4,0 | -3,3 |
|
Foresterie et exploitation forestière
|
33 800 | 14,9 | -4,1 |
|
Activités de soutien à la foresterie
|
20 200 | -2,9 | -1,2 |
|
Total
|
273 700 | -6,9 | -1,8 |
|
1998 – 2007
|
|||
|
Source : Statistique Canada, Enquête sur la population active, janvier 2009 (extraction spéciale)
|
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Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Exportations de produits forestiers | Milliard de dollars 2008 | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement par rapport aux dix dernières années* |
|---|---|---|---|
|
Bois d’œuvre de résineux
|
5,1 | -28,0 | -4,4 |
|
Papier journal
|
4,3 | 6,8 | -5,1 |
|
Pâte de bois
|
7,0 | -1,8 | 0,6 |
|
Panneaux de construction
|
1,6 | -33,8 | -1,1 |
|
Papier d’impression et d’écriture**
|
4,2 | 0,6 | -0,6 |
|
Autres produits forestiers
|
8,0 | -9,7 | 0,8 |
|
Total pour tous les produits forestiers***
|
30,1 | -10,4 | -1,7 |
|
* 1998 – 2007
** Estimation établie par le Service canadien des forêts selon les données des cinq dernières années provenant du Conseil des produits des pâtes et papiers *** Exclut les produits forestiers non ligneux, arbres de Noël exceptés |
|||
|
Statistique Canada, données mensuelles sur le commerce de marchandises
|
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Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Récolte annuelle par rapport à l’approvisionnement jugée durable | Million de mètres cubes 2007 | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement par rapport aux dix dernières années* |
|---|---|---|---|
| Approvisionnement en bois de résineux | 190 | 2,2 | 6,2 |
| Approvisionnement en bois de feuillus | 60 | 0,3 | -0,9 |
| Récolte en bois de résineux | 132 | -11,5 | -15,3 |
| Récolte en bois de feuillus | 26 | -19,6 | -22,5 |
|
*Moyenne 1997-2006
|
|||
|
Source : Base nationale de données sur les forêts
|
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Pourquoi cela est-il important?
Qu'est-ce qui a changé?
| Bénéfices d’exploitation | Milliard de dollars 2008 | Pourcentage de changement par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement par rapport aux dix dernières années* |
|---|---|---|---|
| Fabrication du papier et de produits du bois | 0,7 | 81,0 | -21,8 |
|
*1998 – 2007
|
|||
|
Source : Statistique Canada, Statistiques financières trimestrielles des entreprises, tableau CANSIM 187-0002
|
|||
| Rendement des capitaux engagés | 1998 | 2007 | 2008 |
|---|---|---|---|
| 4,4 % | 2,2 % | 1,9 % | |
|
Source : Statistique Canada, Enquête trimestrielle sur les statistiques financières des entreprises, tableau CANSIM 187-0002
|
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Aménagement forestier
Le domaine d’application des aspects administratif, économique, légal et social de la foresterie en lien avec ses aspects scientifique et technique, comme la sylviculture, la protection des forêts et la réglementation.
Aménagement forestier durable
Aménagement axé sur le maintien et l’amélioration de la santé à long terme des écosystèmes forestiers dans l’intérêt du vivant, tout en permettant d’offrir aux générations d’aujourd’hui et de demain des bénéfices environnementaux, économiques, sociaux et culturels.
Biocombustible
Combustible obtenu, dans son ensemble ou en partie, de processus chimiques ou géochimiques de la biomasse végétale.
Biodiversité
Comprend la diversité entre une même espèce et la diversité des espèces entre elles, toutes deux englobées dans la diversité des milieux que sont les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie.
Bioéconomie
Économie dans laquelle les composantes de base de l’industrie et le matériel brut pour l’énergie sont tous deux dérivés de cultures de plantes, c’est-à-dire de sources renouvelables.
Bioénergie
Énergie cinétique libérée par la biomasse lorsqu’elle est consommée, brûlée ou convertie en combustible; réfère aussi à l’énergie potentielle emmagasinée dans la biomasse.
Biomasse
Poids sec de toute la matière organique, vivante ou morte, au-dessus ou au-dessous de la surface du sol.
Changement climatique
Modification d’une quantité mesurée (par exemple, les précipitations, la température, le rayonnement, le vent et l’ennuagement) à l’intérieur du système climatique qui s’éloigne de façon significative des conditions moyennes précédentes et qui semble durer, apportant des modifications à peu près correspondantes aux écosystèmes et à l’activité socio-économique.
Foresterie à rendement soutenu
Rendement de produits forestiers bien déterminés, de qualité spécifique et en quantité planifiée qu’une forêt est capable de produire continuellement en fonction d’une intensité de récolte donnée.
Neutralité carbonique
Se dit lorsque la quantité de carbone libérée dans l’atmosphère égale la quantité séquestrée ou compensée.
Sylviculture
Art et science qui s’intéressent à l’établissement, la croissance, la composition, à l’état de santé et à la qualité des forêts et des territoires forestiers afin de répondre, sur une base durable, aux divers besoins et valeurs des propriétaires et de la société.
Date du rapport : 2009-09-14